Podcast : "Le fascisme"
(Les Capsules du Savoir - Histoire)

Ranim : Bonjour à tous ! Bienvenue sur Delta’ FM pour la “Capsule du savoir”. Aujourd’hui j’ai avec moi deux historiennes qui ont eu la gentillesse de venir pour nous parler du fascisme.

- Suzane et Juliette : Bonjour !


 

Ranim : Donc nous avons beaucoup de questions à vous poser, tout d’abord Juliette expliquez nous concrètement ce qu’est le fascisme pour que ce terme soit bien compris par nos auditeurs dès le début.


 

Juliette : D’accord, alors attention car c’est plus complexe qu’on ne le pense. Tout d’abord , l'étymologie de fascisme vient du mot italien : faisceau, qui est l’emblème de l’autorité de la Rome antique utilisé par les milices de Mussolini. C’est une attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu'un à un groupe. Tout fascisme se dote au départ d’une idéologie qui convient à la fois aux déçus de la gauche et de la droite. Il ne peut faire autrement puisqu’il est payé par les classes sociales aisées pour défendre leurs intérêts, mais il doit aussi utiliser un discours national en partie anticapitaliste pour convaincre des socialistes ou communistes. Le fascisme est un système de gouvernement tout à fait contraire à la morale classique du libéralisme. C’est donc une forme de totalitarisme.

Ranim : Ah oui en effet, pour moi aussi je ne pensais pas ça aussi complexe ! D’après vos recherches Suzane, quelles sont les origines de ce régime politique ?


 

Suzane : C’est un Régime établi en Italie de 1922 à 1944, même si ce terme a été inventé en 1919. Fondé sur la dictature d'un parti unique, l'exaltation nationaliste et le corporatisme. Au sens strict, le fascisme est le régime, né de la crise qui a suivi la Première Guerre Mondiale, mis en place par Benito Mussolini en Italie. Il est aussi autoritaire et anti-communiste.


 

Ranim : Ce régime politique a des caractéristiques bien particulières, non ?


 

Juliette : En effet, c’est un parti unique qui est en place. La vie démocratique n’existe pas. Le parti contrôle tous les secteurs de la vie collective. Ce qui veut dire que chaque fonctionnaire et membre doivent se plier à ses exigences.


 

Suzane : Le culte du chef est présent, car il est en fait la personne référence du peuple. Une fois au pouvoir, le chef devient la personne la plus importante et tout le monde se doit de le respecter. Il se fait respecter entre autre par l’utilisation de la propagande.


 

Juliette : De plus, il y a une police secrète en Italie. Elle se nomme l’Ovra. Cette police secrète a pour but de surveiller et de sanctionner la moindre opposition envers le parti et a recours aux pires violences pour obtenir des aveux, briser les volontés, terroriser.


 

Suzane : L’Ovra exerce des méthodes violentes contre l’opposition. Ce qui aide effectivement à créer une atmosphère terrorisante. Il n'y a pas de système concentrationnaire. La propagande repose sur l’utilisation de la radio, le cinéma et les grandes manifestations de masse.


 

Juliette : La censure est présente et elle se manifeste dans les aspects culturels tels que le théâtre, la musique et les expositions artistiques. Cependant, son militarisme n’a pas un aussi grand impact qu’en Allemagne. De plus, le catholicisme, étant très implanté à l’époque, pousse les fidèles à ne pas s’intégrer à la pensée  fasciste. Malgré, la domination de Mussolini le Roi est toujours en place et une bonne partie de la population lui accorde un grand intérêt.


 

Suzane : Au niveau économique, il nationalise les grandes industries clés et l’État investit beaucoup. Le «corporatisme» joue un rôle important. C’est deux concepts distincts, l'un idéologique, l'autre sociologique. C’est une doctrine économique et sociale basée sur le regroupement de différents corps de métiers au sein d’institutions défendant leurs intérêts. C’est aussi l'utilisation de pouvoirs économiques, sociaux et politiques pour créer des groupements d'intérêt puissants et influents. Les fascistes instituent le contrôle des prix, le contrôle des salaires et autres mesures de fixation économique.


 

Juliette : Autre point important aussi, et non négligeable, le rôle des femmes : comme dans tout autre régime totalitaire, elles ne servaient qu’à faire des enfants et à les élever. Soit un rôle peu important dans le système.


 

Suzane : Le fascisme veut être un régime égalitaire où il n’y pas de classe sociale. La classe moyenne ainsi que les ouvriers se retrouvent avantagés par le système.


 

Ranim : Très bien, je pense que c’est très complet ! Maintenant, pouvez-vous comparer ce que vous savez du fascisme, avec les autres dictatures comme le communisme et le nazisme par exemple ? Pour que ceux qui nous écoutent puissent se faire une idée des différentes manières d’exercer une dictature.

 

Suzane : Le fascisme, c’est un régime totalitaire c’est-à dire que l’individu n’existe pas et que la population forme un tout. L’État contrôle tous les aspects de la vie sociale soit : politique, économique et culturelle.


 

Juliette : Le nazisme est lui aussi totalitaire. L’État contrôle tous les aspects de la vie sociale soit : politique, économique et culturel. Pour les nazis, le tout est constitué de la race Aryenne qui est leur seule valeur de référence. C’est un “fascisme” raciste.


 

Suzane : Enfin, le stalinisme est un régime totalitaire avec le communisme comme idéologie centrale. L’idéal défendu est une société sans classe. Ce totalitarisme ne sera pas plus meurtrier que les deux autres. Le communisme prône l’égalité des classes sociales contrairement aux nazis. Mais il y avait les “laissés pour comptes” comme les paysans.


 

Ranim : Très bien, merci d’avoir répondu à toutes nos questions. Au revoir Juliette et Suzane, et à bientôt chers auditeurs, merci d’avoir écouté notre “capsule du savoir” !


 

Suzane et Juliette : Au revoir, merci à vous !


 

(Jingle)


 

Illustrations :

Benito Mussolini, le dictateur fasciste d’Italie, en 1930 à Milan.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Italie_fasciste

Affiche de propagande fasciste montrant la volonté des italiens de dévaloriser les anglais avec leur capitale en ruine.

http://propagande-2eme-guerremondiale.e-monsite.com/pages/la-propagande-dans-le-camps-de-l-axe/la-propagande-fasciste.html

 


 

http://museedelaresistanceenligne.org/media3444-LOVRA-italienne

Obsèques d'Arturo Bocchini, chef de l’OVRA (Organizzazione di Vigilanza e Repressione dell'Antifascismo), police secrète d’Italie.